Le 22 avril 2026, le Comité de suivi des Régions ultrapériphériques (RUP) a rencontré les Représentations permanentes de l’Espagne, du Portugal et de la France, représentées respectivement par Julian Zafra, Jorge Morgado et Julie Garrec afin d’échanger sur l’état d’avancement des négociations européennes en vue du prochain cadre financier pluriannuel (CFP) post-2027 et de coordonner les positions sur les enjeux spécifiques aux RUP.
S’agissant du futur CFP, les échanges ont permis de faire un point détaillé sur l’avancement des travaux au Conseil, notamment dans le cadre des négociations relatives au Plan de Partenariat Nationaux et Régionaux (PPNR) et aux règlements associés. Sous présidence danoise, les échanges ont principalement permis d’approfondir la compréhension des positions des États membres et d’identifier les principales priorités et sensibilités, sans qu’un compromis formalisé n’ait été atteint à ce stade.Sous présidence chypriote, les travaux ont évolué vers une phase plus opérationnelle, marquée par des propositions de modifications et une structuration plus précise des discussions autour de blocs thématiques.
Plusieurs points essentiels demeurent en discussion, notamment les questions de gouvernance, le modèle de performance, les définitions liées aux situations de crise dans le cadre de la facilité européenne, ainsi que les mécanismes de corrections financières. Les participants ont également souligné la nécessité d’assurer une meilleure cohérence entre le PPNR, les programmes Interreg et les autres instruments de l’Union.
Concernant le règlement Interreg, les participants ont évoqué un niveau d’avancement plus abouti, tout en insistant sur la nécessité de sécuriser certaines dispositions directement dans le règlement, en particulier pour garantir la continuité des coopérations, notamment dans les bassins géographiques stratégiques pour les RUP. La question de l’articulation entre les programmes Interreg et les exigences de performance a fait l’objet d’échanges, plusieurs États membres plaidant pour des aménagements, voire des exemptions, afin de tenir compte des spécificités des programmes de coopération, en particulier avec les pays tiers voisins.
Un point spécifique a été consacré au non-paper présenté par la France. Ce document, à forte portée politique, vise à renforcer la prise en compte des RUP dans le futur cadre financier en rappelant notamment l’importance de l’article 349 du traité et en formulant des propositions concrètes pour améliorer leur visibilité et leur traitement dans les différents instruments européens. Les échanges ont mis en évidence une convergence de vues entre la France, l’Espagne et le Portugal sur les objectifs poursuivis, tout en soulevant des interrogations quant à son traitement institutionnel et à son articulation avec les travaux en cours au Conseil et à la Commission.
Enfin, les participants ont réaffirmé leur volonté commune de défendre une approche pleinement européenne des enjeux des RUP, en insistant sur la nécessité de garantir des financements adaptés, des taux de cofinancement renforcés ainsi qu’une prise en compte effective de leurs spécificités dans l’ensemble des politiques de l’Union, y compris dans le cadre des travaux relatifs à la simplification.